Genomium: Le génome en tant qu’attracteur complexe

Dans Surimposium je présente la complexité du réel en tant que dimension indépendante. De même que l’espace 3D définit des points autour desquels orbitent les objets matériels, la dimension complexe est dotée d’attracteurs fondant des niveaux de réalité, autour desquels gravitent les entités complexes.

Parfois le niveau est rigoureusement défini et toutes les entités sont positionnées sur l’attracteur. C’est le cas par exemple du niveau subatomique. Il existe très peu de quarks libres, excepté dans des fournaises très énergétiques. Les autres sont assemblés en particules subatomiques, protons et neutrons. Attracteur complexe particulièrement impératif. Les niveaux voisins, ‘vide’ quantique et noyau atomique, sont fortement impactés par cet attracteur autoritaire. Sa présence s’impose à grande distance dans la dimension complexe, fondant le Materium, pile des niveaux constituant la matière. Propriétés et fonctions attachées aux éléments de ces niveaux sont extrêmement similaires d’une entité à l’autre.

À l’autre extrémité de la dimension complexe, les mèmes psychologiques gravitent autour de concepts ‘idéaux’ qui n’existent pas réellement. Chaque esprit est propriétaire de sa version. L’attracteur idéal est virtuel, jamais atteint, concrétisé uniquement par le nuage de concepts individuels centré sur lui. Les propriétés psychologiques des étages mentaux se ressemblent sans jamais être identiques. Leur pile fonde un Stratium, un esprit dont chaque exemplaire différent crée une large diversité dans l’espèce humaine.

L’ADN est un excellent exemple d’attracteur intermédiaire. Situé au milieu de la dimension complexe, il est à la fois fortement défini par sa constitution moléculaire, un assemblage de bases puriques, et flouté par ses interactions avec les niveaux voisins, biomolécules libres et épigénétique.

Le niveau sus-jacent à la chaîne purique est le gène, fragment de séquence dont début et fin sont signalés aux traducteurs de l’information. Niveau suivant : l’épigénétique. La séquence est organisée spatialement en une longue double hélice, susceptible de reploiements et déploiements qui masquent ou mettent à jour des éléments de la séquence. Les traducteurs peuvent alors y accéder. Fonction génétique active ou inactive. Alors que les propriétés des gènes sont similaires, leur fonction apparaît ou disparaît au niveau épigénétique.

Cette régulation opère sous l’influence du contexte à différents niveaux de complexité de l’organisme, du métabolisme à la psychologie. Bien sûr la conscience ne contrôle pas directement l’épigénétique. Sont impliqués des rétrocontrôles neuro-hormonaux et biochimiques, étagés dans la dimension complexe.

L’ADN est un niveau d’organisation en lui-même, mais également un attracteur complexe dans cet édifice que nous pourrions baptiser Genomium. Le brin d’ADN n’est pas seul porteur de l’hérédité. Les contenus cellulaires du spermatozoïde et surtout de l’ovule, ainsi que le matériel génétique libre et les organites (mitochondries), contiennent des informations susceptibles de modifier la lecture de l’ADN. Ils participent ainsi à sa modulation épigénétique.

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