Natalité et climat

La croissance démographique fait-elle partie des bombes à retardement qui menacent la planète ? Non, affirme Marie Degrémont dans La Recherche. « Les États dont la fécondité est la plus élevée sont aussi ceux qui ont le taux d’émission de CO2 par tête le plus faible ».

Mais j’ai du mal à trouver une cohérence aux projections de Marie. L’Inde et le Nigeria vont gagner chacun 200 millions d’habitants en 30 ans. Marie commence par supposer que le mode de vie des Indiens et des Nigérians ne va pas évoluer pour calculer une augmentation annuelle de 360 MtCO2 (millions de tonnes de CO2) et 136 MtCO2, qui restent très modestes comparées aux émissions des pays riches.

Marie continue avec un autre argument rassurant : la croissance démographique de ces pays va se ralentir à mesure qu’ils se développent. Relation fécondité/niveau de vie. Malheureusement ce facteur agit en sens inverse du précédent. Le mode de vie va changer, tendre vers celui des pays développés. En 2050, sera apparue en Inde et au Nigeria une population supplémentaire plus importante que celle actuelle des USA. Tous ces gens auront cent ans pour tenter d’accéder à la consommation (et aux émissions) des pays riches. On ne peut que leur souhaiter de réussir.

Ces populations équatoriales ont aujourd’hui une consommation d’énergie faible parce qu’elles n’ont pas besoin de se chauffer. Elles auront par contre la nécessité impérative de se refroidir. Le réchauffement rendra de larges zones invivables sans logements climatisés.

Marie Degrémont a raison de souligner que le salut viendra surtout des changements d’habitudes et des progrès technologiques, mais il faut conserver la natalité dans les bombes à retardement planétaires. Les vieux seront trop nombreux ? C’est vrai, mais en meilleure santé et encore à l’ouvrage plutôt que nécessitant une aide de vie, faut-il souhaiter à la majorité d’entre eux.

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