Intelligence artificielle (3): sa génitrice, la science, est-elle en bonne santé ?

La diversité a ses avantages et inconvénients. Originalité géniale de la pensée et débordements possibles. Progrès majeur ou désastre. La science s’est soudée dans un collectif tellement fusionnel qu’on peut s’en demander la raison. Est-ce pour consolider le tissu de la connaissance ou éviter les dérives de savants fous ? Selon le regard utilisé, soliDaire ou soliTaire, la réponse diffère. Constatons que l’évolution de la société scientifique s’est faite naturellement vers des règles plus strictes encadrant des recherches aux potentialités plus impressionnantes. Il faut épouser l’esprit scientifique avant de participer à la marche de la connaissance. Je ne parle pas ici des amateurs qui gravitent autour de la science. La préparation au mariage suit toujours un protocole strict, sur de nombreuses années. Le carnet de famille ne s’obtient pas avec seulement quelques articles.

Ces règles contingentent l’esprit du chercheur par ce que réalise le reste du collectif. Les revues professionnelles contiennent tout ce qu’il faut savoir. Le reste est accessoire. Le contenu des revues est déjà énorme, transformant les scientifiques en moteurs de recherche de l’information. Mais les idées déconnectées de ce réseau privilégié n’y apparaissent pas. Le soliDaire de la société scientifique la protège contre le dangereux soliTaire. Y aurait-elle perdu quelque chose ?

C’est l’isolement de l’humain dans sa réalité qui produit les idées les plus originales. Elles vont éventuellement jusqu’à l’aliénation. Originalité sans contingence. Est-ce l’aliénation qui pose problème, ou d’en revenir ?

Il n’est pas possible de trouver une solution au conflit T<>D (soliTaire vs soliDaire) parce qu’il est le moteur de la réalité. Il faut au contraire protéger ce conflit en l’enfermant dans une organisation supérieure qui réduit temporairement son instabilité. Pourquoi temporairement ? Parce qu’il garde une raison d’exister et pourrait conduire à d’autres solutions au cas où l’organisation actuelle perdrait son efficacité. Ordre au bord du chaos. La société humaine a trouvé des assises solides mais doit continuellement trouver de nouvelles organisations pour ne pas effondrer l’édifice.

Une science trop corporatiste ne peut s’intégrer aux nouvelles organisations. Elle s’isole en réaction à l’anarchie qui gagne le reste de la société, au succès du T, de l’individu-roi. La science reste soliDaire, se méfie de ses propres soliTaires. Mais n’est-ce pas d’elle, de ses disciplines “humaines”, que devraient venir les nouvelles stratégies sociales ? N’est-ce pas en se hiérarchisant davantage et en ouvrant sa hiérarchie vers le reste de la société qu’elle peut s’intégrer à elle, sans basculer dans la même anarchie ?

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